_ Des dizaines de tracteurs, moissonneuses_batteuses et autres matériels agricoles qui se suivent à la que_leu_leu, des centaines de professionnels de la filière_riz, tout de rouge drapés, campent le décor à Ross_Béthio, sur la route nationale 2.
Ainsi, les différentes composantes de la chaîne de valeur riz ont, bruyamment, dénoncé la mévente du riz local. Avec, en toile de fond , le souhait de voir le ministre du commerce, Serigne Guéye Diop, partir du gouvernement.
À ce jour, 37 000 tonnes de riz blanc sont immobilisées dans les rizeries de la Vallée du fleuve Sénégal, saturant les capacités de stockage et bloquant les activités des unités de transformation. De même, selon les acteurs des organisations de producteurs, 36 000 tonnes de riz blanc sont détenues par les unions de producteurs de la Délégation de Dagana, sans aucune perspective concrète d’écoulement malgré les multiples engagements pris par les autorités. À cette situation déjà critique, s’ajoute, à les en croire, la récolte de la campagne de contre-saison chaude 2026, estimée à 294 000 tonnes de paddy, qui arrivera sur un marché déjà saturé.
Aujourd’hui, les opérateurs sont confrontés à trois campagnes agricoles stockées simultanément, une situation sans précédent.
Sous ce rapport, ce sont des dizaines de milliards de francs Cfa quu sont immobilisés dans les magasins.
De ce fait, les producteurs ne peuvent plus être payés correctement, les banques deviennent de plus en plus réticentes à financer les campagnes agricoles, les rizeries fonctionnent en dessous de leurs capacités ou sont totalement à l’arrêt. A titre d’exemple, sur les 72 rizeries que compte la Vallée du fleuve_Sénégal , seules 26 tentent encore de survivre, tandis que plus de 40 ont déjà fermé leurs portes.
En désespoir de cause, estiment nos interlocuteurs, si rien n’est fait rapidement, c’est toute la chaîne de valeur_riz qui risque de s’effondrer.
Interrogés à l’issue de leur marche, sur l’exégèse de la situation, les acteurs de la filière de préciser que cette situation résulte, principalement, du maintien d’importations massives de riz au moment où le riz sénégalais est disponible, de l’absence de régulation efficace du marché, du non-respect des engagements pris avec les acteurs de la filière. L’absence de mesures fortes pour privilégier effectivement le riz local dans les marchés publics et privés et le manque de coordination entre les différents services de l’État figurent, aussi, en pôle position parmi les causes de cette descente aux enfers.
Estimant que les décisions prises par le ministère du commerce de laisser saturer le marché national par les importations ont largement contribué à aggraver cette crise par les importations alors que les stocks locaux restent invendus, ces riziculteurs n’ont pas hésité de réclamer la défenestration du ministre du commerce.
Dans la foulée, les « marcheurs » de mettre à l’index Serigne Guéye Diop, à propos de la fermeture progressive des rizeries, la perte de milliers d’emplois directs et indirects, le découragement des producteurs, le surendettement des entreprises, la fragilisation des Groupements d’Intérêt Économique et des coopératives, un risque réel d’abandon de la production nationale.
Au moment où le Sénégal affirme faire de la souveraineté alimentaire une priorité nationale, la filière qui doit en être le pilier est aujourd’hui en train de disparaître.
« Depuis plusieurs mois, nous avons privilégié le dialogue. Nous avons participé à plusieurs rencontres avec les autorités. Nous avons formulé des propositions concrètes. Nous avons organisé des points de presse. Nous avons alerté les décideurs sur les risques. Nous avons attendu la mise en œuvre des engagements annoncés » ont_ils pesté.
« Malheureusement, les engagements pris n’ont pas été suivis d’effets. Notre mobilisation d’aujourd’hui est donc l’ultime recours d’une filière qui refuse de mourir dans le silence.
Le riz sénégalais est une richesse nationale et protéger la filière rizicole, c’est protéger les producteurs, les transformateurs, les femmes, les jeunes, les investisseurs, les emplois et la souveraineté alimentaire du Sénégal » peut_on, en outre, lire dans le mémorandum remis à l’autorité administrative.





