Mévente du Riz Lical : Le Ciriz et l’ Anr Demontent les Arguments de la Tutelle

_ Crise du riz local, suute et pas fin. L’ Association Nationale des Riziers du Sénégal ( Anr) et le Comité Interprofessionnel de la filière Riz ( Ciriz ) font cause commune pour clouer, au pilori, le ministre du commerce. « Face aux récentes déclarations du Ministère du Commerce et de l’Industrie relatives à la commercialisation du riz local, ont jugé opportun d’apporter quelques clarifications. « Depuis le 26 septembre 2025, les représentants de l’Anr et du Ciriz ont rencontré à plusieurs reprises le Ministre du Commerce afin d’identifier des solutions durables aux difficultés que traverse la filière. À l’issue de chacune de ces rencontres, des engagements précis ont été pris. Malheureusement, la majorité de ces engagements n’a pas connu de mise en œuvre effective, installant progressivement un climat de défiance entre les organisations professionnelles et le ministère du commerce et de l’industrie » renseigne leur communiqué conjoint.
« Sur les volumes de riz local effectivement enlevés, le Ministre a récemment affirmé que 9 000 tonnes de riz local auraient été achetées par les importateurs. Les données dont disposent l’Anr et le Ciriz ne confirment pas cette affirmation. En novembre 2025, sur un stock déclaré de 7 597 tonnes, 6 142 tonnes seulement ont été effectivement enlevées par huit importateurs, tandis que deux importateurs n’ont procédé à aucun achat, laissant 1 455 tonnes sans débouché » précisent les plénipotentiaires de l’ Anr et du Ciriz. Qui enchaînent, en ces termes : « à la suite de l’accord intervenu le 2 avril 2026, alors que les stocks nationaux étaient estimés à 37 000 tonnes, une nouvelle opération de commercialisation a été engagée. Malgré les mesures annoncées pour faciliter les enlèvements, seuls 1 213 tonnes supplémentaires ont été commercialisées.Au total, les volumes effectivement enlevés s’élèvent à 7 355 tonnes, un chiffre sensiblement inférieur aux 9 000 tonnes annoncées publiquement ».
Dans ce même ordre d’idées, ces représentants de riziculteurs de conseiller que « dans un contexte aussi sensible, il est essentiel que les informations communiquées reposent sur des données objectives et vérifiables ».
Par ailleurs, sur le prix du riz local, l’Anr et le Ciriz tiennent à « préciser qu’ils n’ont jamais été consultés sur une quelconque fixation du prix du riz local à 280 Fcfa par kilogramme; le prix de 350 Fcfa/kg, aujourd’hui présenté comme excessif, avait pourtant été retenu à l’issue d’une mission conduite par les commissaires aux enquêtes économiques du Ministère du Commerce, sur la base des coûts réels de production, de transformation, de stockage et de commercialisation ». Par conséquent, estiment_ils, « toute décision visant à modifier ce prix sans concertation remettrait en cause les conclusions des travaux techniques déjà réalisés et risquerait d’aggraver les difficultés financières auxquelles sont confrontés les industriels, au détriment de l’ensemble de la chaîne de valeur ».
S’agissant de la réunion annoncée et le protocole d’accord, l’Anr et le Ciriz tiennent à « informer l’opinion publique qu’ils ne participeront à aucune réunion et ne signeront aucun protocole d’accord ( MoU) dont le contenu n’aura pas été préalablement partagé, discuté et validé par les organisations représentatives de la filière ». « Un protocole d’accord ne peut avoir de légitimité que s’il est élaboré dans un esprit de concertation et avec le consentement de toutes les parties concernées. Les acteurs de la filière ne sauraient être placés devant le fait accompli » poursuivent_ils dans la mussive administrative.
« Au regard des engagements restés sans suite et de la perte de confiance qui en résulte, nous estimons que toute discussion décisive sur l’avenir de la filière devra désormais se tenir avec la participation des plus hautes autorités de l’État, notamment Monsieur le Premier Ministre et Monsieur le Ministre des Finances et du Budget, afin de garantir la mise en œuvre effective des décisions qui seront arrêtées » souhaitent les professionnels du secteur.
Dans ce dessein, L’Anr et le Ciriz réaffirment leur attachement au dialogue et à la recherche de solutions concertées. « Notre démarche n’est dirigée contre aucune institution ; elle vise exclusivement à préserver une filière stratégique qui fait vivre des milliers de producteurs, de transformateurs, d’industriels et de travailleurs sénégalais. La filière riz locale ne peut plus être gouvernée par des annonces ou des engagements sans lendemain. Elle a besoin de décisions fondées sur les réalités économiques, d’engagements respectés et d’un partenariat de confiance entre l’État et les acteurs qui investissent, quotidiennement, pour renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal ».
En conclusion, l’ Anr et le Ciriz de lancer un appel solennel aux plus hautes autorités de l’État à prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la confiance, accélérer la mise en œuvre des décisions attendues et assurer un avenir durable à la filière riz nationale ».

Author: miroir

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