_ Dans la vallée du riz, la mévente du riz est, toujours, à l’ordre du jour, un an après le cri de détresse lancé par les professionnels du secteur. Ce sont 35 mille tonnes de riz, compte non tenu, d’une partie de la production de 2025 et de la récolte de 2026, qui sont stockées dans les magasins. Le non-respect de l’engagement d’enlever 5 mille tonnes par semaine, pris lors du conseil interministériel de Juillet dernier, en est la principale cause selon les riziculteurs.. « Situation arrêtée au *5 septembre 2026* Sur les *42 000* tonnes de riz local devant faire l’objet d’un enlèvement, seulement *6 800 tonnes* ont effectivement été enlevées depuis le *16 juillet 2026* .Cela représente un taux d’enlèvement de seulement *16,2* *%* en près de deux mois.Le rythme actuel correspond à environ *4 070 tonnes* par mois. À ce rythme, il faudrait encore près de *9 mois* pour écouler les *35 200 tonnes* restantes, ce qui signifie que, sans accélération significative du dispositif, l’écoulement de la totalité du stock pourrait s’étaler sur près de *11 mois.* Une situation qui menace directement les prochaines campagnesCette lenteur dans les enlèvements constitue aujourd’hui une menace sérieuse pour la filière rizicole.En effet, les stocks actuellement immobilisés occupent les capacités de stockage et bloquent la trésorerie des riziers. Plusieurs unités se retrouvent ainsi dans l’impossibilité de financer l’achat du prochain paddy, alors même que les prochaines campagnes approchent.La situation est d’autant plus préoccupante que *10 riziers* n’ont encore vendu aucun *kilogramme de riz* dans le cadre de ce dispositif. Ils restent donc totalement exposés à l’accumulation des stocks et aux difficultés de trésorerie.Par ailleurs, deux importateurs, *AVANTI* et *SIPA* , refusent catégoriquement de prendre leur quota, tandis que pour plusieurs autres opérateurs, les enlèvements avancent à un rythme extrêmement lent.À ce jour, quelques opérateurs seulement se distinguent par des enlèvements effectifs, notamment *CCMN Kaolack, MADTRANS et Comptoir Commercial Mariama.* Risque sur la prochaine campagneSi cette situation perdure, le risque est de voir se reproduire, voire s’aggraver, la crise de commercialisation actuelle :- stocks anciens toujours présents dans les magasins ;- impossibilité pour les riziers de renouveler leur trésorerie ;- difficultés à acheter le paddy de la prochaine campagne ;- réduction ou arrêt de l’activité de certaines rizeries ;- baisse de la capacité d’absorption du paddy auprès des producteurs ;- risque de mévente de la prochaine production ;- découragement des producteurs et remise en cause des investissements réalisés dans la filière.Il est donc indispensable que les engagements d’enlèvement soient effectivement exécutés et suivis opérateur par opérateur, et que des mesures soient prises rapidement à l’encontre des opérateurs qui refusent ou retardent leurs quotas.La question n’est plus uniquement celle de l’écoulement des *35 200 tonnes* restantes. Elle concerne désormais directement la capacité de la filière à préparer et financer les prochaines campagnes de production.L’objectif doit être d’accélérer fortement les enlèvements afin de libérer les magasins, reconstituer la trésorerie des riziers et permettre l’achat du paddy de la prochaine campagne dans des conditions normales.La survie économique des riziers et la réussite des prochaines campagnes en dépendent ».





